Run rabbit, run !

Ici, on avance doucement mais surement dans son petit Pumpkin Autumn Challenge ! Après une première déception thriller dont je vous ai parlé sur Insta, j’ai envie de vous partager le super OVNI méta de Tony Burgess (oui oui, le papa de cette autre étrangeté zombiesque bien trash), Idaho Winter, publié chez une maison d’édition canadienne spécialisée dans le format court, Les Allusifs. Envie d’abolir les frontières de la fiction ? Et bah cey parti.

Difficile de savoir pourquoi, mais le jeune Idaho Winter est haï par tout le monde. Ses parents le font vivre dans une décharge, la gentille dame qui fait traverser les enfants devant l’école attend toujours qu’une bagnole approche pour le laisser passer et les voisins ont tendance à sortir la carabine quand il est dans les parages… En fait, cet acharnement global contre le gosse est un brin suspect, non ? Et si la source de tous ses malheurs était l’imagination dérangée d’un auteur ? Si Idaho le découvrait, est-ce qu’il pourrait s’en libérer ?

Voilà, c’est ce genre de livre.

Comme s’il s’était levé un matin avec la brillante idée de se foutre de la gueule de tous les Dickens de ce monde, Tony Burgess nous conte l’histoire d’un enfant qui en bave H24, un enfant que toutes et tous veulent voir mort ou pire, de la maitresse d’école au gentil toutou de mamie. Un peu comme si Princesse Sarah avait fusionné avec Remi sans famille, le tout multiplié par la petite fille aux allumettes.

La chialade assurée de Debout les Zouzous.

C’est tellement absurde qu’on n’y croit pas, en fait, et bien vite, l’auteur débarque dans son propre texte en révélant l’atroce vérité : tout ce que subit le pauvre Idaho est de son fait. Problème : l’histoire est en train de lui échapper, tout ce qu’il avait prévu, y compris cette belle fin larmoyante, est en train de s’échapper… Parce qu’Idaho ne compte plus suivre le plan.

J’ai un ENORME faible pour les narrateur.ices qui s’adressent aux lecteur.ices (un jour, je vous ferai la liste de mes oeuvres chouchou du genre) mais là, Tony Burgess explose tous les codes pour mieux s’en moquer. J’y ai même vu une très jolie façon d’explorer la question de l’oeuvre qui échappe toujours à son créateur.

A mi-chemin entre le conte et la fable sous LSD, Idaho Winter est un court roman qui part très très loin (en même temps, il fallait s’accrocher avec La Contre-nature des choses aussi hein), pour vous donner une idée, vous risquez même de croiser le chanteur de Green Day à un moment de l’histoire quoi… Je mentirai en disant que je n’ai pas parfois été paumée en chemin dans les moments les plus WTF mais le jeu avec le lecteur est tellement chouette (jusqu’à vous faire naviguer entre les pages) que c’est vraiment ce que je retiendrai.

Ravie donc, d’avoir opté pour cette bizarrerie pour la sous-catégorie #LesFreaksCestChic et vivement la prochaine expérience littéraire de Tony Burgess, moi je le suis partout.

 

Tony Burgess, Idaho Winter, Les Allusifs

3 réflexions sur “Run rabbit, run !

  1. Pingback: #PartageTaVeille | 16/09/2019 – Les miscellanées d'Usva

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