Walk among us

Bon café/chocolat/thé/ricard (il est à peine dix heures mais je juge pas) si vous vous apprêtez à intégrer cette chronique à votre p’tit dej mes licornes ! Ce matin, on va causer d’une petite merveille punk estampillée #PicaboRiverBookClub et découverte récemment en lecture commune avec les meilleures copilotes qui soient, Tata Alberte et Chaton… Comment que ça s’intitule ? Et ben La Crête des damnés et c’est écrit par Joe Meno et c’est chez Agullo !

Dans un Chicago des années 90 où les bonnes vieilles traditions racistes américaines ont oublié de se faire la malle, Brian Oswald est un petit blanc discret, quasi invisible en fait, fan des Misfits et des Ramones et surtout secrètement amoureux de sa meilleure amie Gretchen qui n’a d’yeux, elle, que pour un foutu suprémaciste blanc de dix ans son ainé. Entre ce qu’il voudrait être et avoir et ce dont il doit se contenter, Brian fait son chemin au sein de ce lycée catho qui n’a rien à voir avec le son furieux de la musique qu’il aime.

D’une, y a plus qu’à cliquer pour retrouver les chroniques #coupdecoeur d’Alberte et de Charmant Petit Monstre.

De deux, oh qu’on a aimé.

Y a des livres comme ça, tu sais au bout de deux lignes que tu vas plus pouvoir décrocher. En entendant ce gosse (parce que c’est un bouquin qui s’écoute autant qu’il se lit) me parler, j’ai direct retrouvé mes premières grosses claques dans la tronche d’adolescence, de type Breateastonelliesque ou IrvineWelshesque et là je me suis dit… ça va être tout bon.

A travers ses personnages, à commencer par le fameux Brian qui sera nos yeux, nos oreilles et notre ego tout du long, l’auteur a comme qui dirait mis l’adolescence en bouteille, avec son lot de désirs jamais assouvis, de complexes, de non-dits, de t-shirts portés mille fois et de rage ravalée. Dans l’ombre de Gretchen l’incendiaire, la fille qui se comporte « comme un mec », qui ne correspond pas des masses aux canons de minceur du lycée, qui porte des tenues punk outrancières et qui démonte la gueule des filles qui lui manquent de respect, Brian est ce type ultra réservé et mal dans sa peau qui aimerait ressembler aux rock stars pleines d’assurance… ou même juste aux types qui ont une bagnole et qui y font monter les filles après les cours. Mais il est plutôt le gars dont on a du mal à se rappeler le nom…

Joe Meno explose tous les records de l’authenticité avec ce gamin en marge obsédé par la musique et la perte de sa virginité et si peu conscient des frontières entre conformisme et anticonformisme, la faute à un style cash, oral et direct comme je les aime, avec des éclats de rire et des instants d’une mélancolie sans nom… L’adolescence je vous dis.

En arrière-plan de la fantastique vie de Brian, il y a la question raciale, que j’aurais, je l’avoue, aimé voir mise en avant une chouille de plus. Les frontières invisibles et pourtant bien héritée de la ségrégation entre quartiers, le personnage de Rod qui incarne ce fameux archétype de l’Oréo, le noir qui se comporte comme un blanc, l’annihilation de la représentation des noirs… Joe Meno sème une infinité de graines que j’aurais adorées voir pousser un peu plus dans la seconde moitié du roman. Pour en avoir discuté avec mes copilotes, ça n’est pas tout à fait déconnant au regard du prisme du personnage principal, un peu plus sensible à la question que le péquin moyen, mais tout de même enfermé dans son rôle de petit blanc de fait privilégié replié sur lui-même… Rosy accepte, Rosy accepte.

Et Rosy n’a que du bien à dire de ce roman qui ne vole pas son héritage de Salinger, en fin de compte. On remercie encore le Picabo, on range dans la bibliothèque de petits bijoux trash et vivement le prochain bon sang.

 

Joe Meno, La Crête des damnés, Agullo

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2 réflexions sur “Walk among us

  1. Toi aussi tu es fana de Bret Easton Elliiiiis??? *0* (En vrai j’ai entendu une interview la dernière fois c’était pas beau à voir! Vaut mieux rester sur sa littérature :P)
    Le type dont on se souvient difficilement du prénom. My heart broke at this very moment *va pleurer*
    Je crois qu’on est toutes d’accord sur un truc : on met un traqueur sur la plume de Joe Meno! Meme SI, j’ai entendu dire que c’était pas du tout son style habituel ^^

    Aimé par 1 personne

    • Alors voilà, j’ai pris une claque magistrale avec American Psycho étant ado, d’un point de vue narratif ca restera mon plus gros crush de tous les temps, adoré glamorama, moins que zéro et la plupart de ses autres livres mais le mec en soi… non merci.
      J’étais hypee comme jaja en apprenant qu’il sortait un nouveau bébé et puis jai vu le délire du mec blanc cis « ouinouin on peut plus rien dire » et encore une fois… NON MERCI.

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