The Axeman’s Jazz

Hello, hello ! Ça fait une paye que je n’ai pas posté mais pour ma défense, je sors d’un joli marathon de lecture de près de MILLE SEPT CENT CINQUANTE PAGES. (La postérité ne retiendra pas qu’il m’a bien fallu trois semaines pour y arriver…) En fait, je me suis plongée dans la tétralogie de thrillers historiques de Ray Celestin qui compte trois volumes pour le moment et qui a pour projet foufou de retracer toute l’histoire de la mafia et du jazz aux Etats-Unis au XXe siècle. Y en a qui se disent que s’ils arrivent à manger un fruit dans la journée, ce sera déjà pas mal (moi) et puis y a les mecs comme Ray Celestin quoi.

A la base, j’avais très envie de vous proposer un petit 3 en 1, comme à l’âge d’or du Dop qui ne pique pas les yeux et évite les noeuds, histoire de vous retransmettre au mieux mon expérience de lecture sans interruption, mais j’ai tellement aimé chacun de ces romans, chacune des villes dont l’auteur fait le portrait, que j’aimerais prendre le temps de faire ça bien. Alors l’absence prolongée de Rosy sera compensée par du serial-posting ces jours prochains. Et on commence par Carnaval !

Nous sommes à la Nouvelle-Orléans, en 1919. Un tueur en série bientôt connu comme « L’homme à la hache » sème la terreur en ville, laissant des cartes de tarot sur les corps ensanglantés de ses victimes dans le quartier italien. L’affaire qui semble totalement échapper à la police et à son représentant le plus exposé, Michael Talbot, intéresse aussi de près d’autres enquêteurs moins conventionnels… une jeune secrétaire dans une agence de détectives, un journaliste sans grand scrupules et un ex-flic qui vient de sortir de prison. Dans une ville bouillonnante, réchauffée par l’explosion du jazz, baignée de superstitions et éclatée par la violence et les tensions raciales, un dangereux compte à rebours vient de se mettre en route…

Ahlala si vous aimez autant que moi les villes-personnages, vous ne pourrez que fondre en découvrant cette Nouvelle-Orléans plus vraie que nature. Une ville-instrument, où la musique est reine et où le jazz balbutiant s’apprête à déferler sur le monde (on fait d’ailleurs plus que croiser un certain Lewis Armstrong, encore tout jeunot)… une ville cernée par les bayous et où le vaudou est aussi célébré que perverti, des quartiers gangrénés par le racisme, la pauvreté et le crime organisé… L’intrigue-même et ses personnages semblent être au service de ce merveilleux tableau. Rien que pour ça, le roman vaut le coup et j’y ai retrouvé ce que je préfère dans les thrillers et les romans noirs, l’essence d’une époque et d’un lieu. Les mécaniques sociales, et je pense surtout à cette Amérique profondément ségrégationniste, ne sont pas juste effleurées mais vraiment exploitées à fond. C’est une jolie qualité que l’auteur continue d’ailleurs à déployer dans les livres suivants, ce qui fait qu’on en redemande encore et encore.

Et au-delà du cadre fabuleux, on s’intéresse quand même à une véritable affaire qui a secoué la Nouvelle-Orléans entre 1918 et 1919, celle de l’homme à la hache qui a même adressé un courrier à la presse, retranscrit à l’identique dans le roman. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est de suivre les enquêtes parallèles des différents personnages qui ont tous un petit intérêt dans l’affaire ou au moins quelque chose à cacher et de se demander à quel moment tout ça va bien pouvoir faire sens. J’avoue que dans la deuxième moitié du roman, l’avancée globale piétine un peu et on perd légèrement en rythme mais la conclusion est plutôt chouette et ouvre assez admirablement le projet de l’auteur.

Une très, très belle surprise donc, qui m’a donnée envie de me remettre à niveau point de vue saxo et cornet, je vous conseille d’ailleurs de vous plonger dans cette lecture avec de la bonne musique dans les oreilles, l’immersion n’en sera que plus dingue.

Encore un grand merci aux éditions du Cherche Midi pour cette session de rattrapage ! Les deux premiers volumes sont maintenant dispo en poche pour votre information informationnelle le enfants.

Ray Celestin, Carnaval, Le Cherche Midi

 

5 réflexions sur “The Axeman’s Jazz

  1. Pingback: C’est le premier, j’balance tout #13 (déc.19) – Alberte Bly

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