La Soie

Eh, ça vous dit, ce dimanche on file à Londres mettre le nez dans les affaires pas nettes de divorces des gens friqués avec le roman de J.L. Butler, Rien que pour moi ? #drama #curiositétrèsbienplacée Et pour ça, on dit merci à Babelio et aux éditions Sonatine pour une Masse Critique Privilégiée pour laquelle je suis affreusement en retard, en retard, en retard sans même avoir de rendez-vous queq’part, cette honte.

Au coeur de Londres l’effervescente, Francine est une avocate spécialisée dans la gestion délicate des divorces de la haute, des batailles féroces pour le partage des stock-options, des parts d’entreprise et des théières en porcelaine à l’effigie de la reine. Rien que du très gros chiffre dans un cabinet à la solide réputation et une carrière qui pourrait bien définitivement décoller puisque Fran envisage d’intégrer la Soie, l’élite des avocats de Sa Majesté. Mais sa toute dernière affaire la sort curieusement de ses préoccupations professionnelles. Martin Joy est un banquier d’affaire qui aimerait éviter de se faire plumer par son épouse, prochainement ex. Martin est aussi sacrément canon et sacrément intéressé par Fran. Une passion immédiate, torride, et surtout secrète nait entre ces deux-là mais lors de ses investigations sur l’ex-épouse dans le cadre du divorce, Fran s’interroge sur la sincérité de cette nouvelle relation… Curiosité professionnelle ou jalousie d’amante, l’avocate suit un soir Martin jusqu’au domicile conjugal et persuadée que les deux ex-époux ont remis ça, se saoule à mort. Le lendemain c’est le black-out total. Et pour ne rien gâcher, les gros titres des journaux annoncent la disparition de Mme Joy…

 

Alors qu’on se le dise, j’ai adoré le début, principalement parce qu’après une petite accroche à suspense pas dégueu, Fran nous introduit dans sa ville, au gré de ses voyages en métro, en bus la tête collée à la fenêtre… Londres défile sous nos yeux, avec ses pubs, ses théâtres, ses boutiques, à travers le regard de cette fille de Manchester qui ne s’est jamais lassée de ses flâneries dans la gigantesque pieuvre. Rosy et sa passion des villes s’est dit MIAM.

Pour ne rien gâcher, ce petit concours pour accéder au titre honorifique et ô combien convoité de « Conseiller de la reine » est l’occasion d’évoquer la rivalité entre pairs et l’autocensure des femmes dans la course à la meilleure place. Non vraiment, ça commençait très, très bien.

Et puis l’intrigue se met véritablement en place avec l’arrivée de Martin Joy qui va pour la première fois, brouiller les lignes jusque là bien établies de la vie de Francine. Dans un premier temps parce qu’il est son client et qu’il serait très mal vu qu’on les pince à fricoter à l’arrière de la berline. Dans un second temps parce que NOUS SOMMES DANS UN THRILLER et que l’ex-femme de Martin ayant disparu, on a toutes les chances de croire que le type qui s’apprêtait à perdre la moitié du magot a de près ou de loin un rapport avec tout ça… Avec la médiatisation grandissante de l’affaire et les petits secrets qui lentement, se dévoilent, Francine ne sait plus qui croire et nous non plus.

Fran en proie au doute et à l’incertitude.

L’enquête est en soi plutôt haletante, effectivement la bonne vieille recette de la paranoïa, des petites révélations et du doss du mari au comportement ambigu fonctionne toujours, même si ce roman ne va pas bouleverser le genre du thriller psycho/domestique.

Non le problème, lesgarslesmeufs, C’EST FRANCINE.

Déso Fran.

A partir du moment où son chemin va croiser celui de Martin, fini.es carrière, déontologie, objectivité ou même indépendance. Ce qui nous est d’abord présenté comme un coup de coeur mutuel et érotique se meut DIRECT en histoire d’amour ultime prompte à éradiquer tout le reste. Est-ce que ça n’est pas bien amené ou tout simplement peu réaliste, (la fascination de Fran pour le fameux Martin demeurant un peu énigmatique pour moi) il n’empêche que l’autrice ne m’a absolument pas emportée dans cette histoire et j’ai déconnecté total avec le personnage. Les comportements absurdes et excessifs s’enchainent et son entourage est d’ailleurs vite mis mal à l’aise et nous avec…

Le manque d’empathie pour le personnage principal couplé à un twist pas dégueu mais pas mémorable non plus, bon, ça a fait un peu beaucoup, j’avoue. Surtout que j’ai été habituée à du high-level chez Sonatine. Je crois qu’au final je serais bien restée dans le bus à regarder les rues défiler sous la pluie plutôt.

 

J.L. Butler, Rien que pour moi, Sonatine 

2 réflexions sur “La Soie

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