The gibbeners

Bon, c’est le premier post de confinement. J’espère que vous avez la chance d’être à l’abri, en sécurité et au chaud à la maison et si vous êtes soignant.e, caissier.e, pharmacien.ne, buraliste, boulanger.e ou autre travailleur.euse sans possibilité de télétravail/de vous ruer dans votre maison secondaire sur l’île de Ré, je pense fort à vous en ce moment. L’idée des chroniques en cette période plus que chelou, c’est toujours de partager mes crushs, mais svépliz, en numérique ou pour la wishlist, en attendant les jours meilleurs, parce qu’on ne veut ni faire gagner le grand méchant Ama… ni mettre nos ami.es libraires et livreurs en danger.

Ceci étant dit, il est temps de poser une #claquedanslagueule parce que ça faisait long time no see. C’est le poche de mars du #PicaboRiverBookClub, c’était la grosse tentation de la dernière rentrée américaine, la potine Charmant Petit Monstre en avait parlé comme jaja, BREF : il me fallait Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon. #quétitre

Dustin Tillman est psychologue à Cleveland. Marié et père de deux enfants, il mène une existence sans aspérités, jusqu’à ce qu’un appel de sa cousine Kate fasse remonter une tragédie de son enfance. Rusty, son frère adoptif, vient d’être libéré de prison. Il a été innocenté pour le quadruple meurtre de leur parents et oncle et tante après près de trente ans d’incarcération. Dès lors, c’est comme si sa vie toute entière s’apprêtait à se diluer dans un sentiment d’inquiétude diffus. Terrifié à l’idée que Rusty tente d’atteindre sa famille, impuissant face aux liens qui se délitent au sein de son foyer et à l’addiction de son fils Aaron, Dustin se réfugie dans la fascination étrange de l’un de ses patients pour une série de faits divers de noyades d’étudiants.

Que plaisir de trouver des personnages si bien campés, une narration à l’originalité qui frôle l’insanité (voir photo ci-dessous) et cette noirceur, ce sentiment d’inquiétude partagé avec la lectrice que je fûûûtes. Après avoir écumé les thrillers psychologiques aux ficelles trop souvent grossières, je n’ai pas boudé mon plaisir avec cet objet littéraire difficilement classable.

Parlons de notre gars sûr Dustin. Depuis qu’il sait que Rusty (ce frère adoptif qu’il n’a pas revu depuis le massacre des parents alors qu’il n’était qu’un gosse), disons que c’est la petite forme… Son habileté à la communication, si utile dans son travail de thérapeute, fait cruellement défaut en ce moment à la maison. Difficile de parvenir ne serait-ce qu’à terminer une phrase, son fils s’enfonce un peu plus chaque jour dans les drogues dures, mais la chose semble étrangement lui échapper, et bien sûr, il y a ces réminiscences du passé que le retour du « monstre » et les appels paniqués de Kate lui imposent… Dire que Dustin plane à quatre milles, c’est un léger euphémisme.

Alors que ses propres émotions semblent trop difficiles à gérer, Dustin s’engage sur une pente glissante avec un nouveau patient. Le type s’appelle Aqil, c’est un ancien flic, poussé vers la sortie pour on-ne-sait-trop quelle raison, et il n’est pas venu régler un complexe d’Oedipe. Ce qu’il veut, c’est résoudre une affaire criminelle. Toutes ces noyades « accidentelles » d’étudiants répondant à un schéma de dates curieusement précis ne peuvent être que des meurtres. D’abord très sceptique, Dustin s’intéresse peu à peu aux théories pas si farfelues du gus.

Dès lors, on oscillera entre passé et présent. Parce que, PAS FOLLE LA GUÊPE, on a comme l’intuition que toute a lumière n’a pas été faite sur l’enfance de Dustin, de Rusty et de leurs cousines Kate et Wave. Mais on changera aussi de narrateur, avec cette impression de plus en plus prégnante que tous, je dis bien tous les personnages sont fuckés d’une manière ou d’une autre. Oh et puis à un moment, Dan Chaon, il dit balek et il balance ça :

Des morceaux d’histoires sur des lignes temporelles et narratives différentes. A toi de te munir de tes ciseaux, de ta colle UHU et de rassembler le bordel. Et le MIEUX, c’est que ça m’a à peine perturbée, tellement j’étais à fond.

On attend les révélations, certaines nous seront faites, certaines demeureront à peine visibles entre les mots. J’ai été totalement séduite par cette atmosphère pesante et noire de chez noire, qu’on retrouve dans la tête de n’importe quel protagoniste. Cette impression qu’on n’est pas tout à fait seul.e, que quelqu’un nous épie peut-être… Que quelque chose se prépare ou que certains destins ont déjà été scellé depuis longtemps. Froid dans le dos du début à la fin.

Dan Chaon, Une douce lueur de malveillance, Points

4 réflexions sur “The gibbeners

  1. Eh ben j’suis hyper heureuse que tu aies fini par lire ce livre des enfers, tortueux et soooo NOIR ! *danse de la joie, danse de la satisfaction, dans mon salon*
    Si je me rappelle pas de tout mais je me souviens de la fin hyper abrupte, genre on te laisse là abandonnée, seule avec tes questions sans réponses, et je m’étais dit « wow, ça, on le voit pas souvent, c’est coool ! »

    Aimé par 1 personne

    • Oui la fin est à l’image du reste, le mec a pas le temps de te prendre par la main et en même temps, l’essentiel a déjà été suggéré. En vrai j’ai tellement aimé. C’est le genre de livre que je relirai avec plaisir dans quelques années, tu sens que y a moyen de percevoir de nouvelles choses. ❤

      Aimé par 1 personne

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