« Tout me ramène à elle. Moi la première. »

Je suis la seule à sortir mon porte-monnaie direct quand j’entends parler d’histoire d’amour queer où le sujet ne serait pas le coming-out ou l’homosexualité en soi ? J’en doute, je pense plutôt qu’on est soixante-treize milliards. Ja-mais dans l’excès. Aussi j’ai écumé toutes les librairies de ma ville jusqu’à tomber sur cette petite merveille à la couverture qui crie « REGARDE-MOI JE SUIS LA BEAUTÉ » pour l’emporter jalousement dans ma maison et la dévorer en moins de deux. Mes ruptures avec Laura Dean est signé Mariko Tamaki au scénar et Rosemary Valero-O’Connell au dessin et on en parle tout de suite parce qu’on aimerait savoir ce qui se cache derrière tout ce rose, pas vrai ?

Si elle décide de raconter son histoire à Anna Vice, célèbre influenceuse et autrice d’un blog de conseils amoureux, c’est que Freddy ne cesse d’avoir le coeur brisé. Sa petite amie a un patronyme d’actrice, Laura Dean, une assurance folle et aussi une tendance récurrente à rompre. A ne pas être… fiable. Mais toujours elle revient. Et toujours Freddy craque, sous les silences embarrassés de ses ami.es.

C’est avec du noir, du blanc, un peu de rose tendre et beaucoup de subtilité que l’autrice et la dessinatrice ont décidé de nous raconter la relation toxique qui emprisonne Freddy, éprise de LA fille populaire de son lycée. Freddy a beau être entourée des personnes les plus formidables de la terre, il suffit d’un regard, d’une main passée dans les cheveux, d’un sourire de Laura pour que tout son monde s’évanouisse et se réduise à cette autre qui, entre deux moments magiques, ne la traite pas bien.

Le rythme lent et contemplatif du récit accompagne à merveille cette non-maitrise de sa propre existence, ces sentiments contradictoires et le déni de l’héroïne qui s’isole malgré elle, imagine qu’elle doit changer, que ses désirs ne sont pas les bons. Toute l’intensité de l’histoire se niche dans les non-dits, les silences angoissés, les actes manqués et les images saisissantes brossées par Rosemary Valero-O’Connell.

C’est très beau, pas niais pour un sou parce qu’au-delà de la quête amoureuse, c’est la quête d’émancipation qui nous intéresse. Et surtout, et ça a été l’argument numéro uno pour l’achat de ce roman graphique, c’est qu’on à faire à une véritable histoire d’amour/d’emprise entre deux femmes racontée pour elle-même. J’ai eu envie de crier hallelujah un nombre incalculable de fois face à la diversité des représentations des personnages (et ouais, on en est encore au stade où on crie hallelujah). Freddy est une adolescente avec des origines asiatiques amoureuse d’une autre fille. Parmi ses meilleur.es ami.es, il y a un couple gay, deux garçons racisés. Et on est au top sur la représentation des corps sous ce coup de crayon adorable et tellement sensible.

Le mois des fiertés n’est pas encore terminé, je vous invite chaudement à lire Mes ruptures avec Laura Dean, un vrai coup de coeur de votre amie Rosy qui s’est attardée sur chaque planche de peur que les pages ne se tournent trop vite.

 

Mariko Tamaki, Rosemary Valero-O’Connell, Mes ruptures avec Laura Dean, Rue de Sèvres

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