Tromal

Le HMSFFF Challenge, c’est reparti ! (d’ailleurs si vous voulez rejoindre notre super communauté livresque, RDV sur le groupe facebook les enfants) Pour ce thème spécial « adaptations qui font laaaargement débat », j’ai pris du King, soit le gars le plus -mal- adapté de la vie, et tant qu’à faire, j’ai opté pour le titre retenu dans la sélection, le cultissime Shining. Coucou enfant qui fait du vélo pendant dix minutes (mais pas dans le livre), coucou jumelles maléfiques (mais pas dans le livre), coucou hôtel perdu dans les montagnes (mais pas… bon si quand même.)

Grâce à un ami influent, Jack Torrance vient de se dégoter un petit job qui fleure bon la (dernière) deuxième chance. Alcoolique en pleine repentance, ex-prof remercié pour avoir eu un bon gros coup de sang contre un élève, Jack s’apprête à passer tout un hiver coupé du monde avec sa femme et son fils en tant que gardien dans un véritable palace au coeur des Rocheuses. Tout ce qu’on lui demande, c’est de veiller à ce que la chaudière de l’hôtel ne fasse pas de siennes, de chasser un ou deux rats dans les sous-sols et de rendre l’hôtel dans le même état qu’il l’a trouvé au retour des beaux jours. Jack se dit qu’il va pouvoir en profiter pour enfin écrire la pièce de théâtre dont il rêve et aussi pour restaurer les liens avec Wendy et Danny. Mais il y a quelque chose d’étrange avec cet hôtel… Des bruits, des visions cauchemardesques qu’un gosse de cinq ans aurait du mal à inventer de toutes pièces. Soudain, la perspective d’être bloqués là-haut sans aucune possibilité de joindre le monde extérieur prend un tout autre tour.

 

J’ai beau avoir entamé ma lecture avec des images pré-enregistrées fort sympathiques de type…

… la magie Stephen King (vous voyez cet éternel style de conteur maléfique qui te prend par la main aussitôt pour ne plus jamais te lâcher avec ses histoires d’horreur) a opéré en moins d’une demi-page et je me suis laissée emportée dans une toute nouvelle histoire, me faisant oublier les scènes de Kubrick qui ont gentiment marqué au fer rouge le cinéma et toute la popculture.

Tout commence avec un puissant sentiment d’inquiétude et cet instinct qui nous fait nous dire qu’il vaudrait mieux l’écouter au lieu de le balayer avec plus ou moins de conviction comme les trois protagonistes de ce huis-clos. Si l’opportunité a un doux parfum de rédemption pour la petite famille, l’anxiété à l’idée d’être totalement coupés du monde est latente. Peut-être parce qu’il n’y a pas si longtemps, Jack buvait beaucoup, et s’il va mieux maintenant, s’il ne fait plus « le vilain » comme dirait Danny, il y a des souvenirs dont Wendy ne parvient pas tout à fait à se défaire. Cet espèce d’espoir brandi comme une invocation, le « tout ira bien », c’est ça, en tout premier lieu qui m’a collé l’angoisse.

PERSUADÉE DONC QUE TOUT N’IRA PAS BIEN, me voilà bloquée en plein hiver dans les montagnes dans cet immense hôtel vide avec Jack, Wendy et le petit Danny qui semble particulièrement perturbé par les lieux. Il n’est pas nouveau pour le gosse d’avoir un sens des perceptions particulièrement affuté, avec des mots qui apparaissent sur les pensées de papa et maman quand il se concentre… mais ici, Danny voit et entend des choses qui le terrifient. Un peu comme si quelque chose vivait ici et n’avait pas forcément des intentions très bienveillantes à son égard. (j’imagine d’ici la gueule de la note sur tripadvisor)

Mêlant horreur classique de la « maison hantée » et angoisse diffuse du noyau familial dysfonctionnel, Stephen King nous plonge petit à petit dans un joli petit piège de peur et de folie sans aucune issue apparente et c’est très efficace même si le rythme du roman est plutôt lent.

Il faut maintenant que je revois le film (pour lequel il y a deux teams #jidolatre contre #jedéteste et rien entre les deux) mais dans mon souvenir, l’adaptation est vraiment moins nuancée, en particulier concernant l’évolution psychologique des personnages. Je garde aussi en tête la critique de King sur le film qu’il a jugé misogyne, dénaturant le personnage de Wendy qui ne serait plus qu’une « fille qui crie ». Et ouais spoiler alert, Wendy est un vrai personnage, un concentré d’angoisses, de terreurs jamais résolues mais aussi une mère résolument décidée à protéger son fils.

Je n’ai pas forcément eu le gros crush de Simetierre mais cette nouvelle lecture conforte mon envie de lire toute la biblio colossale du monsieur qui raconte des histoires qui font peur, ça pour sûr.

 

Stephen King, Shining, Le Livre de poche 

4 réflexions sur “Tromal

  1. King est vraiment le maître de l’angoisse ! Tellement qu’il y a certains de ses livres que je n’ai pas terminé haha.
    Je n’ai ni lu, ni vu « Shinning », mais j’ai en effet entendu dire que l’auteur détestait cette adaptation… Je suis tout de même curieuse de découvrir les deux versions du coup…

    Aimé par 1 personne

  2. Bizarrement, j’ai moins accroché avec celui-là. J’ai adoré toute la partie sur Jack et l’évolution de sa folie mais j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre et le don de Danny m’a peu intéressé.
    Pour le challenge, je me suis lancée dans Dune, vu le pavé j’espère pouvoir le réussir en septembre !

    Aimé par 1 personne

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