La Dernière arche – Romain Benassaya

De retour pour vous parler d’un livre qui en un mois, aura traversé une gigantesque panne de lecture, une grippe par temps de canicule, la sortie de la saison 2 de Feel Good, la ZLAN et L’E3 sur Twitch, mais n’aura jamais dit son dernier mot, franchissant couteau entre les dents chaque embûche pour ravir mes mirettes. J’en attendais pas moins du nouveau Romain Benassaya qui m’avait littéralement éblouie avec Arca hein.

Honnêtement, tout a commencé pour moi dans la confusion totale…

On découvre notre protagoniste principale, Shory, une jeune femme égarée mais well prepared dans une forêt dense et peuplée de créatures aussi fantastiques que dangereuses. En compagnie d’autres « Vigiles », elle est chargée de protéger un fort (dans ma tête, c’était peu ou prou Poudlard mais sans magie, sans élèves, sans profs et sans psychopathe qui revient tous les ans à la fin de l’année scolaire) contre toutes les petites bébêtes qui grouillent dans les bois. JUSQUE LÀ TOUT VA BIEN. L’unique point commun des Vigiles est qu’ils ont toutes et tous été appelé.es par Atim, un homme mystérieux qui, d’une façon ou d’une autre, les a sauvé.es de la mort ou d’une vie misérable. Mais en évoquant des souvenirs parcellaires de leur vie passées, il devient évident qu’ils viennent d’époques différentes.

On m’avait pas vendu un space-op ? Pourquoi y a un château fort comme dans un bon vieux roman de fantasy et du voyage dans le temps dans les mêmes dix premières pages ? 

Bon puis après je me suis souvenue qu’Arca commençait aussi avec une forêt qui nous trolle puissance mille et j’ai décidé de lâcher le tableau de bord. Faites péter le pilote automatique, on reprend.

Tout ce dont Shory se souvient, avant d’avoir fait pleinement confiance à son sauveur et d’être entrée dans les eaux noires d’une grotte inconnue la propulsant miraculeusement au Fort, c’est qu’elle était une esclave de l’époque sumérienne. Toujours assaillie par des rêves terrifiants de son ancien maitre tyrannique et de chiens enragés, Shory sait qu’au-delà de la mission sacrée qu’Atim lui a confié, elle a enfin trouvé un foyer et une famille. Et puis une nouvelle appelée débarque un beau jour.

Elle s’appelle Lena, elle vient du XXIIe siècle. Tout ce petit monde s’apprête à sortir les banderoles et les petits fours habituels pour accueillir la nouvelle venue mais il y a comme un hic : Lena n’a jamais entendu parler d’Atim. Et Lena veut se barrer. 

Une config pareille, ça n’est jamais arrivé. On ne dit pas non à la vie de château, même rudimentaire, quand on a échappé de peu à une existence d’esclave, de mineur ou que la peste noire nous guettait à chaque coin de rue. Bien vite, la jeune femme suscite la méfiance de tout le monde alors que c’est d’autres sentiments que Shory se surprend à devoir combattre. Une certaine empathie mais de la curiosité aussi quand Lena affirme qu’il doit bien y avoir un moyen de rentrer chez elle et que personne ne pourra l’empêcher de retrouver sa fille dont elle a été brutalement séparée.   

Si elle ne peut empêcher cette bleusaille inexpérimentée de se perdre en forêt de mourir dans d’atroces souffrances dans un délais max d’un quart d’heure, Shory lui apportera son aide. Et c’est cette escorte qui répondra à toutes les questions que son subconscient seul (ET LES LECTEUR.ICES EN PLS AUSSI HEIN ROMAIN) osait poser : quelle est la véritable nature de leur mission ? Qui sont les ennemis du Fort ? Et qu’est-ce qu’il y a au-dehors ?

Je donne un peu l’impression de m’être fait rouler dessus par le bouquin, mais que nenni : si comme je l’ai dit plus haut, on accepte, un petit moment, de laisser l’auteur aux commandes et de regarder le paysage défiler à travers la vitre rien qu’au début, alors on s’embarque pour un grand voyage destination régalade. Et c’est pas bien difficile de se laisser porter quand, déjà, on tombe sur une histoire où L’ECRASANTE majorité des personnages sont des femmes. Et pas straight. Quel plaisir vraiment. 

Ca se confirme, Romain Benassaya a le génie du dézoom, à nous en coller le vertige. Dans ce space-opera/thriller/objet romanesque non-identifié, il explore les limites de ce que le cerveau humain peut encaisser. Vous voyez ce petit frisson derrière les genoux quand on commence à essayer ne serait-ce que d’envisager les immensités mindfuckesques de l’espace ? Voilà l’ambiance. Ce qui ne l’empêche pas, par-dessus le marché, de nous proposer des personnages complexes, à l’instar de Shory et de sa quête d’émancipation qui sort un peu des gros sabots habituels. J’ai quand même trouvé qu’il y avait parfois quelques longueurs mais on retrouve toujours un nouveau souffle au gré de chapitres très courts et de twists franchement appétissants. 

C’est un roman qui confirme donc mon amour pour les mondes en expansion permanente de Romain Benassaya. A noter qu’il s’inscrit dans l’univers de Pyramides mais que, comme moi, vous pouvez le lire indépendamment sans avoir l’impression de pas avoir la ref. 

Romain Benassaya, La Dernière arche, Critic

4 réflexions sur “La Dernière arche – Romain Benassaya

  1. Wooooow quelle chronique !! 😀
    Je suis justement en train de le lire, La Dernière Arche, et il me plaît beaucoup. Je n’ai pas lu Pyramides non plus, honte à moi, mais ça ne dérange pas, effectivement 😉 J’avais trouvé que le début du roman avait un peu des tendances young adult, et pour l’instant, où j’en suis rendue, je me vois aussi bien le conseiller à des adultes qu’à des plus jeunes (mais peut-être pas des ados non plus) !

    Aimé par 1 personne

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