« Mon Lou la nuit descend »

J’ai inauguré ma rentrée littéraire à moi avec Le mal des ardents, dont les éditions Belfond m’ont gentiment fait parvenir les épreuves. Je ne sais pas qui de la fille du feu sur la couverture (#KatnissEverdeen) ou de la promesse d’une passion dévorante et assombrie par un mal mystérieux m’a convaincue en premier, mais le roman de Frédéric Aribit a été l’un de mes premiers crushs de cette rentrée.

Le narrateur est prof de français dans un collège parisien. Depuis son divorce, il navigue paisiblement entre les instants volés avec son fils et une relation agréable et sans attache avec Sonia, une collègue de travail. Mais une rencontre surréaliste dans le métro va tout changer. Une fille, une tornade plutôt, lui vole un baiser et s’évanouit dans la nature. Plus tard, il la retrouvera en train de jouer les équilibristes sur un pont, sous les regards curieux de la foule. Et alors il prend conscience que Lou, puisque c’est son nom, est tout ce qui manque à sa vie. Peintre, musicienne, esthète mais surtout animée en permanence par cette fureur de vivre qui manque cruellement au reste du monde, elle va vite devenir son obsession. Sauf que quelque cloche. Lou se gratte, souvent. Ses petites fantaisies finissent par confiner à la folie pure. Et un soir, alors qu’elle est prise de violentes convulsions et transportée par l’hôpital, on apprend à son amant que Lou est atteinte du « Mal des ardents », un mal très ancien…

La quatrième de couverture en dévoile beaucoup plus, et vous serez peut-être tentées, mes très chères licornes, d’aller farfouiller du côté de Wikipédia votre gars sûr pour vous documenter sur ce fameux « mal des ardents ». Libre à vous, mais je vous conseillerais personnellement de garder tout le mystère. Ma lecture n’en a été que plus passionnante.

Le coup de la rencontre sublime, fortuite, dans le métro, du baiser à un inconnu, m’a d’abord fait hausser un sourcil et j’ai craint pour la suite. Pas précisément fan des histoires d’amour au surréalisme cliché, je me demandais où l’auteur allait nous embarquer avec cette Lou qui voue son existence à l’art, qui veut vivre à cent à l’heure et qui promet à son amant une passion jamais égalée. Mais très vite, on sent que quelque chose ne va pas. Lou est… trop. Et à la suite d’un épisode violent de convulsions, on lui diagnostique une maladie qu’on croyait disparue depuis des siècles.

Là, le roman prend un tout autre chemin et en même temps que notre narrateur, on plonge dans une quête historique passionnante, aux origines d’un mal tout à fait avéré. Plus fascinant encore, il semble frôler la contagion à mesure qu’il s’enfonce dans cette quête de savoir frénétique. Et nous avec.

Ce livre, il est un peu écrit comme une partition. Dans le texte d’abord, où l’auteur mêle poésie, mots jetés « comme ça », faits pour sonner et prose plus classique. Dans le rythme surtout. A partir du moment où Lou fera une entrée fracassante dans la vie de notre prof de français, la cadence s’accélère, et nos deux personnages semblent être poursuivis en permanence par un orchestre qui s’emballe furieusement, quitte à nous laisser un peu haletants. C’est un texte qui mériterait d’être lu à voix haute, pour en apprécier la musicalité d’une, et pour prolonger le bel hommage que Frédéric Aribit semble avoir voulu rendre aux âmes ardentes.

 

Frédéric Aribit, Le mal des ardents, Belfond

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