Mountain emoji

Dans la catégorie « Livres les plus attendus en 2018 par Rosy », j’appelle Autoboyographie de Christina Lauren ! Vous connaissez le culte que je voue à ces deux autrices, alors forcément, quand j’ai appris qu’elles sortaient un nouveau roman YA LGBT… Mon sang n’a pas fait qu’un tour mais mille. Un grand merci aux éditions Hugo New Way, parce que des lectures comme ça, j’en voudrais dix par mois.

Etre bi dans la ville californienne et progressiste de Palo Alto, ça n’était pas très difficile pour Tanner Scott. Mais lorsque sa mère accepte un nouveau job dans une start-up de logiciels, c’est tout la famille est contrainte de déménager… à Provo… dans l’Utah… à savoir l’état le plus traditionaliste de la terre. C’est bien simple, là-bas, ils sont tous mormons. Forcément, au lycée, Tanner ne crie pas sur tous les toits qu’il est attiré par les filles comme par les garçons. Même Autumn, sa meilleure amie, n’est pas au courant. Quand cette dernière le pousse à s’inscrire au prestigieux cours d’écriture de Provo High, l’adolescent décide de relever le défi. Ils ont quatre mois pour écrire un livre de A à Z. La première chose qu’il n’avait pas prévue, c’est que le cours allait être assuré par Sebastian Brother, aka le jeune écrivain à succès, aka la stars des mormons de Provo. La deuxième, c’est qu’il serait irrésistiblement attiré par lui.

Autoboyographie est un livre très personnel et ça se sent. Cette thématique de l’orientation sexuelle chez les mormons, ça ne sort pas de nulle part puisqu’on apprend dans les remerciements que Christina a été conseillère dans un collège de l’Utah et qu’elle, je cite, « a vu plus d’un ado qui croyait honnêtement, de façon déchirante, que ses parents préfèreraient avoir un enfant mort plutôt que gay. » Ouais, ça vous pose l’ambiance.

Et c’est tout le propos du livre. Il est plus « facile » d’être queer en Californie que dans l’Utah. C’est pour cette raison que la mère de Tanner, première fan de son fils, l’a toujours protégée d’un milieu au sein duquel elle a grandi, dont elle a fini par s’échapper et qui la rattrape malgré elle. Plus détendu sur la question, Tanner n’en reste pas moins silencieux quant à ses véritables penchants. Il se contente de voir d’un oeil extérieur tous ces jeunes si propres sur eux, qui vont au Temple, qui restent vierges jusqu’au mariage (en théorie) et il se moque un peu avec Autumn, son seul pilier. De toutes façons, dans sa tête, la situation est provisoire. Bientôt ce sera la fac et la liberté bien loin de Provo. Mais c’est sans compter sur Sebastian, qui va débarquer dans sa vie un peu par hasard. C’est le coup de foudre, tout de suite, mais bien sûr, tout ce qu’il ressent, tout ce qu’il voudrait lui dire (et lui faire !) est totalement exclu. Si les mormons de Provo avaient un prince, ce serait probablement lui. Comprendre virginité et hétérosexualité.

J’ai adoré me retrouver dans la tête de Tanner, avec son esprit vif, drôle, sensible, son côté léger et un poil nonchalant. Porté par l’humour de C&Lo, c’est un personnage auquel on est obligé de s’attacher au bout de deux pages. Et à travers la future relation complexe (je n’en dirai rien du tout, faut garder tout le mystère) qu’il va entretenir avec Sebastian, c’est tout un tas de questionnements ultra pertinents sur l’orientation sexuelle, la religion, l’ignorance et la tolérance qui sont posés.

Sur la bisexualité (ou pansexualité mais je chipote) par exemple : « Les paroles d’Autumn ont fait résonner cet accord dissonant en moi, le conflit intérieur sur ce que ça signifie d’être bisexuel. Sur une épaule, j’ai le démon, la perception non éclairée que je trouve partout, y compris dans la communauté queer qui dit que la bisexualité, c’est l’indécision. Qu’il est impossible à un bi d’être satisfait avec une seule personne et que c’est une façon de ne pas s’engager. Et sur l’autre épaule, il y a l’ange, celui des bouquins et brochures positives qui me donnent de ‘espoir, qui dit que non, ça signifie juste que je suis susceptible de tomber amoureux de n’importe qui. Je veux bien m’engager, mais c’est la personne qui importe plus que ses organes. »

ET PUIS Y A LES MORMONS.

Le livre en parle, des préjugés sur cette communauté religieuse. La polygamie par exemple. Laissez-moi vous dire que vous allez apprendre un tas de trucs ! D’un côté, Christina et Lauren déconstruisent des préjugés, évoquent l’intolérance qui n’est pas toujours du côté qu’on imagine et rapportent, je pense, un portrait fidèle de ce que à quoi ressemble cette communauté aujourd’hui. De l’autre, elles critiquent ouvertement un système qui nie les individus, rappellent que la misogynie et l’homophobie sont toujours au coeur de cette idéologie. (La thérapie de conversion, supposée ne plus exister, toussatoussa…) Ce que j’ai trouvé vraiment intelligent, c’est que ce ne sont jamais les personnes qui sont remises en cause dans ce roman, mais bien le dogmatisme dont il faut à tout prix s’affranchir pour espérer être libre.

Et puis Autoboyographie, c’est surtout une très belle histoire d’amour, comme le duo Christina Lauren sait en inventer. J’avais déjà remarqué, à force de dévorer tous leurs livres, que leur plume s’affirmait de roman en roman, en même temps que leur engagement (coucou personnages féminins badass, coucou consentement dans le new adult, coucou lgbt), mais là… Là, c’est quand même un roman qui va me rester dans le coeur. Encore plus.

Comprenez : coup de coeur.

 

Christina Lauren, Autoboyographie, Hugo New Way

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