Follow the cats

A la base, quand je suis allée fouiner du côté des nouveautés pour mes lectures d’été, je n’étais pas spécialement partie sur du « TU VAS FLIPPER TA MERE » mais je ne sais pas, cette petite photo en négatif à la Blair Witch et cette quatrième de couverture évoquant une mystérieuse disparition dans la forêt ont eu rapidement raison de ma curiosité…

La petite bourgade de Deer Valley dans l’Oregon fait la une des journaux le jour où le jeune Jude Brighton disparait sans laisser de traces. A t-il fait une fugue ? A t-il été enlevé ? Les battues dans la forêt aux alentours ne donne rien du tout. Mais Stevie, son cousin et unique ami, a l’impression que personne ne se foule vraiment pour retrouver celui qui est connu comme le gosse à problèmes du patelin. Alors qu’il mène l’enquête de son côté, de drôles d’histoires sordides refont surface, des histoires que les habitants de Deer Valley semblaient avoir enterré jusque là. Et puis Jude réapparait, un peu comme par magie, juste devant la porte de sa maison. Mais il est bizarre, il a changé. Et tandis que tous attribuent ce nouveau comportement à un quelconque traumatisme, Stevie a l’intuition, lui, que la forêt n’est pas étrangère à tout cela…

Ania Ahlborn nous ferait presque croire qu’on s’apprête à entrer dans un simple thriller lorsqu’elle nous plonge pour la première fois dans la tête de Stevie, un gamin de douze ans qui n’a que son cousin Jude au monde. Dans le bled paumé de Deer Valley où la seule activité consiste à aller chasser le cerf entre père et fils, ce marmot qui n’en a plus justement, de père, contraint de vivre sous le toit d’un beau-père violent et colérique, est éternellement laissé de côté. Avec ses tics de langage compulsifs, ses cauchemars et ses visions morbides, il inquiète autant sa mère qu’il rebute le reste de la communauté. Aussi quand Jude, l’enfant terrible et le meilleur ami charismatique de Stevie disparait, c’est tout son monde qui s’écroule.

C’est précisément ce personnage, tour à tour touchant ou inquiétant avec son langage cryptique et sa propension à faire des rimes lourdes de sens, qui nous souffle rapidement que l’intrigue flirtera avec d’autres genres plus obscurs. Une vieille histoire de cadavre retrouvé dans la forêt, ces animaux qui ont déserté Deer Valley sans qu’on y prenne garde, et cette cabane au fond des bois que les deux gosses évitaient soigneusement pendant leurs longues heures de jeu… Il y a bien un lien avec la réapparition miraculeuse de Jude et cet air si étrange qu’il arbore désormais… mais lequel ?

La réponse, on la trouvera dans l’histoire de cette forêt que je me garderai ben de vous révéler. Ania Ahlborn rend à la fois hommage à Stephen King et à une autre figure mythique de l’horreur que je tairai aussi, de crainte de vous spoiler le coeur du creepy et si je n’ai pas forcément été bluffée par l’originalité de cette histoire, je suis en revanche restée assez scotchée par l’atmosphère que l’autrice instaure dès la première page, jusqu’à la dernière. Un roman ultra référencé, pleins de symboles et de motifs récurrents, qui joue habilement sur la suggestion, avec, cerise sur le gateau, ce genre de fin de film d’horreur qu’on adore… vous savez, une scène qui semble innocente mais qui vous colle le bon gros frisson derrière la nuque quand vous avez l’historique de l’intrigue derrière vous ? Ce genre de fin.

Hinhin.

Ania Ahlborn, Que le diable soit avec nous, Denoël

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