« Je suis assis au bord de moi et j’ai peur du vide. »

Coucou retour du post-apo, du virus et du Z qui sort des sentiers battus ! Aujourd’hui je vais vous parler du premier volet du diptyque Chaos de Clément Bouhélier, paru y a déjà un bail chez les éditions Critic. Je l’ai ressorti de mes étagères pour le Pumpkin (merci challenge chouchou) et j’ai bien fait !

Au beau milieu de la gare de Lyon, une anonyme parmi les anonymes brise une petite éprouvette, libérant un virus foudroyant sur la capitale. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous sont vite pris de violentes migraines jusqu’à ce qu’une maladie encore inconnue leur vide totalement le cerveau et les prive de leur mémoire. Depuis Paris, l’épidémie s’étend et bientôt il n’y a plus un seul recoin du pays qui ne soit épargné. Politiques et médecins sont impuissants face à la catastrophe et en un temps record, les villes se muent en cimetières de morts-vivants, hantés par de pauvres âmes vidées de leur substance. Mais en plein chaos, une poignée de petits veinards sont mystérieusement immunisés. Il n’existe a priori aucun lien entre Chloé, Claudy, Arthur et Phil mais tous vont recevoir, à un moment ou un autre, un étrange message…

Ô toi qui t’apprêterais à te ruer sur du Z en espérant retrouver tes amis bouffeurs de cerveaux, ne passe pas ton chemin mais sois quand même au courant d’un truc : si la figure du zombie est bien présente dans le roman de Clément Bouhélier, elle n’a rien du canon du genre. On tape plus dans la coquille inerte que dans la bête enragée pour le dire rapidement. Et c’est ce qui fait partie de l’originalité de ce bouquin. Bah oui.

L’auteur commence quand même par nous en mettre une belle avec sa scène d’ouverture. Une femme élégante, toute en sourire et en talons de douze, dépose OKLM le virus le plus violent de l’histoire de l’humanité dans une gare parisienne et constate, TOUJOURS DANS LE PLUS GRAND DES KLM, que sa première victime sera sûrement un gosse. Ambiance. Là, je me suis dit : « Rosy, tu as eu raison d’acheter ce livre. »

Et puis, déployant une galerie de personnage vertigineuse au sein de laquelle on reconnaitra bien vite nos quelques élus, Clément Bouhélier s’attache à décrire minutieusement la propagation de sa maladie (oui, je dis « SA maladie » parce que je le suspecte d’être un peu responsable de tout ce bordel au moins à hauteur de 100%), étape par étape. Premiers symptômes, phase de déni, mauvais diagnostics, relais dans les médias, réponses hésitantes et cynisme des politiques, début de la panique jusqu’à la terreur absolue…

J’ai ADORÉ la façon dont l’auteur a décrit l’expansion de sa maladie. On a l’impression d’avoir à faire à un être conscient, qui frappe à l’aveugle, sans pitié et sans distinction. A l’instar des nombreux anonymes qui vont défiler sous nos yeux, le virus a lui aussi son « point de vue » et c’est clairement ce qui colle le frisson.

(Mamie, si tu passes par là : ne t’inquiètes pas, c’est un gif, l’ordinateur ne va pas exploser.)

Comme je le disais plus haut, Clément Bouhélier met un soin particulier à nous montrer comment une société toute entière peut être mise en pièce par une pandémie en même temps qu’il nous présente les différents protagonistes de son Paris 2.0. Ca fait partie des choses que j’ai aimées, bien sûr, on ne crache jamais sur du développement en post-apo. Ceci dit, il faut quand même bien laisser passer 200 pages avant que les choses s’emballent vraiment et l’accumulation de points de vue donne parfois l’impression qu’on n’avance pas des masses. « Et ben, on n’est pas sorti du sable » comme dirait notre bonne reine Guenièvre. Après, par contre, ça dépote, et bibi a fini sa lecture à deux heures du mat, un peu frustrée de pas avoir le second volet sous la main.

Et puis les personnages sont quand même l’un des gros points forts de ce roman. Exit les anciens militaires ou les scientists fous parmi les survivants, on va plutôt suivre un banquier à la retraite, oh et puis un attaché à la marie de Besançon, et une actrice qui a échoué dans le porno aussi, et puis un gosse tiens. TEAM SURVIE. TEAM PRESIDENT NORMAL.

Mais c’est ça qui est chouette. L’auteur prend un peu de temps pour poser le cadre de ses personnages, certes, mais une fois Paris transformée en jungle urbaine, où tous les coups sont permis au beau milieu des gens vides, on prend beaucoup de plaisir à suivre leurs différents parcours, tous reliés par un mystérieux « appel ». Ca change, c’est frais, ça fait bien plaisir.

Il faut savoir qu’il y a une composante fantastique derrière tout cela (je préviens encore le club des fans de Z et de maladies dont je suis trésorière). Sans spoiler, j’ai hâte d’en savoir plus et de voir où tout cela va nous mener. En bref, je dis pas non, je dis pas oui. On verra bien. L’atmosphère inquiétante que cela ajoute au désordre, au chaos et à la tragédie de la perte de la mémoire et de l’humanité est plutôt chouette pour le moment.

Vivement la suite !

 

Pumpkin Autumn Challenge : 7/12

 

Clément Bouhélier, Chaos, Tome 1, Ceux qui n’oublient pas, Critic

2 réflexions sur “« Je suis assis au bord de moi et j’ai peur du vide. »

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