Liar game

Ca y est, Rosy est de retour de Copenhague et elle serait bien restée toute la vie dans la ville du style, du vélo, des cafés-bookshop (et des carlins, allez savoir pourquoi, ça doit être le seul chien autorisé là-bas)… J’ai d’ailleurs hâte de vous parler de The Danish Girl que j’avais emporté avec moi telle la bookstagrameuse clichée de base…

Mais en attendant, on attaque avril sur le blog avec une nouvelle chronique thriller des familles si vous voulez bien (ou pas d’ailleurs). J’ai poursuivi ma découverte de la collection #Noir chez Charleston (Merci encore à l’éditeur pour cette lecture !) avec une énorme pavasse de plus de sept cent pages, Les Pétales de sang de Dorothy Koomson et j’en suis ressortie… rha, on va en parler.

Dans un joli petit quartier résidentiel de la ville côtière de Brighton, Tami vit avec son mari, Scott, et leurs deux filles qu’elle aime plus que tout. Un véritable petit portrait de famille parfaite, jusqu’à ce fameux matin où la police débarque dans leur salon pour emmener Scott au poste. Lorsqu’elle apprend le motif de cette arrestation, Tami n’y croit pas. Son mari aurait agressé sexuellement l’une de ses collègues au travail, Mirabelle, qui s’avère également être sa meilleure amie. Il n’y a aucune raison pour que Scott ait pu faire une chose pareille. Et il n’y a aucune raison pour que Mirabelle ait menti. Dès lors, qui croire ?

Vous l’aurez compris, on est dans du bon petit thriller domestique. Je suis toujours cliente, surtout quand le pitch est aussi efficace. Avec un résumé pareil, sept cent pages, ça fait tout de suite moins peur sauf que… (oui mettons tout de suite les pieds dans le plat) si l’autrice ne manque pas de bonnes idées dans ce roman, l’exécution m’a laissée un chouïa plus perplexe.

Que se passe t-il dans ta tête quand tu n’as aucune raison de croire que ton mari, à savoir l’homme que tu aimes et connais par coeur depuis le lycée, serait capable de la moitié de ce dont on l’accuse et d’un autre côté, que tu n’as aucune raison non plus de penser que ta meilleure amie puisse mentir, parce que tu la connais bien, d’une, et parce que l’un de tes principes de vie consiste à toujours croire la victime ?… (Cette phrase beaucoup trop longue est sponsorisée par Marcel Proust) Ce dilemme que vit Tami, c’est un peu le coeur de toutes les affaires du genre et on en parle d’autant plus depuis #MeToo. J’ai aimé que Dorothy Koomson s’attarde sur le tiraillement intérieur que vit son héroïne, jusqu’aux confins de la raison parfois.

J’ai presque trouvé ça plus passionnant que le suspense qui est pourtant bien présent dans ce roman : Scott est-il vraiment coupable ? Et que cachent les réponses évasives de Mirabelle lorsque Tami cherche à comprendre ce qui a bien pu se passer ? Au-delà du pitch de base, l’autrice nous réserve un sacré lot de rebondissements en même temps qu’elle nous dévoile peu à peu le passif de tous ses personnages. Mais le procédé efficace dans un premier temps se révèle poussif à mesure qu’on avance dans l’intrigue. A un moment, j’ai juste trouvé que c’était trop, et surtout que la vraisemblance du départ prenait sévèrement dans l’aile, en particulier du point de vue des réactions de Tami face au déferlement de révélations.

Mais mon gros hic principal, et on va en revenir à la problématique des SEPT CENT PAGES, c’est la longueur du roman… Honnêtement, j’ai trouvé que le récit aurait pu être beaucoup plus condensé, surtout au regard de passages qui m’ont semblé être des redites ou certains flashbacks à l’intérêt un peu obscur. C’est dommage parce que Dorothy Koomson a tendance à nous laisser en mode suspense insoutenable à la fin d’un chapitre, et BIM le rythme est soudain cassé par un autre fil narratif bien plus ramollo qu’on est tenté de passer pour retrouver le vrai plaisir de lecture.

Il n’empêche que je suis allée au bout, pour les bonnes idées dont je vous parlais, les introspections plutôt bien creusées de Tami et bien sûr, pour avoir le fin mot de l’histoire mais ça aurait pu être tellement, tellement plus addictif avec deux ou trois trucs en plus… ou en moins.

 

Dorothy Koomson, Les Pétales de sang, Charleston

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