“Empathy is the most radical of human emotions.”

Premier post post-lockdown ! Alors, comment va la vie ? Vous êtes team #retouràlavienormale ou #lesgensmavaientpasmanqués ? Deuxième catégorie par ici mon capitaine, c’est même pour cette raison que je profite à fond de ces quelques petits jours de congés pour lire dans mon cocon et aussi pour enfin partager avec vous l’un de mes grands coups de coeur de confinement, Ma vie sur la route, les mémoires de Gloria Steinem. Mais de quoi que ça cause ? Qui donc est cette dame/cette héroïne/cette iconic goddess ?

Née en 1934 à Toledo, Ohio, United States of Amewwica, Gloria Steinem est une grande figure de la deuxième vague de féminisme américaine et alliée des activistes issu.es des minorités raciales, de la communauté LGBT et de façon plus générale, de toutes les voix qui ne se font pas assez entendre. Pour la faire courte, elle est journaliste (et fondatrice du magazine féministe Ms), écrivaine, militante et surtout community organizer, un job qui est aussi un mode de vie complètement alternatif et roots dans lequel elle nous invite à plonger la tête la première avec ces mémoires.

Après un voyage fondateur en Inde qui bouleverse complètement sa vision du militantisme et lui fait découvrir la puissance des cercles de parole et de l’écoute des minorités opprimées, Gloria va sillonner les Etats-Unis (en avion, en taxi, en bus, mais jamais au volant de sa propre voiture puisque celle qui a surement parcouru plus de km que tous les habitant.es de la Franche-Comté réuni.es n’a ironiquement jamais passé son permis) et organiser les luttes sous le prisme d’un féminisme intersectionnel novateur à partir des années soixante.

Il faut bien quelques quatre cent pages pour retracer la vie et les rencontres incroyables de cette femme autant respectée que clouée au pilori pour ses choix de vie radicaux. Célibataire, sans enfant, pro-avortement et pacifiste dans une société américaine puritaine, Gloria Steinem rencontrera autant de femmes la remerciant pour l’espoir qu’elle porte que de pancartes d’extrémistes religieux la taxant de tueuse de bébés.

Ce que j’ai adoré dans ce livre, c’est que les grands combats de sa vie semblent toujours s’être mêlés à des expériences, des rencontres et des souvenirs de moments très intimes. Gloria Steinem raconte le long combat jamais gagné de l’ERA (Equal Rights Amendment), un amendement à la constitution qui tend à donner aux femmes les mêmes droits que les hommes et les luttes acharnées pour décrocher une à une les ratifications des Etats et aussi la puissance des femmes en collectif mais elle parle aussi de ce père qui lui a refilé le virus de la vie nomade, et puis de sa mère, qui est passée à côté de sa propre existence et qui n’est pas pour rien dans la construction du féminisme de sa fille. L’un de mes passages préférés du livre, du genre qui serrent le coeur, est d’ailleurs à propos de sa mère :

« Si je lui demandais « Pourquoi est-ce que tu n’es pas partie ? Tu aurais pu emmener ma soeur et aller à New York ! », elle répondait que ça n’avait aucune importance, qu’elle s’estimait heureuse de nous avoir toutes les deux. Si j’insistais, elle ajoutait : « Si j’étais partie, tu ne serais pas née. » 

Je n’ai jamais eu le courage de rétorquer : « Oui, mais toi, si. » »

Difficile de se faire une véritable idée de quelqu’un quand on lit ses propres mémoires, parce que c’est le Je qui parle, mais ce qui transpire de chacun de ses mots, c’est l’écoute, la disponibilité, la curiosité et l’envie constante d’apprendre des autres et de remettre en cause ses propres privilèges afin de lutter pour une société plus juste. C’est le genre de personnalité qui m’inspire follement et je suis prête à parier que c’est le genre d’histoire dont vous aussi vous avez besoin en ce moment plus que jamais.

(Et bien sûr, cet excellent bouquin ne saurait se passer du visionnage de Mrs America, série coup de coeur elle aussi sur la bataille de l’ERA avec Cate Blanchett en méchante vilaine conservatrice, – vraiment jamais vu quelqu’un incarner le diable comme ça – et Rose Byrne pour incarner avec superbe Gloria herself)

Gloria Steinem, Ma vie sur la route, mémoires d’une icône féministe (préface de Christiane Taubira), Harper Collins

8 réflexions sur ““Empathy is the most radical of human emotions.”

  1. Hey !
    On est dans la même team #lesgensmavaientpasmanqués à laquelle j’ajouterais #jeveuxplusvivredanslavraievielaissezmoimourirsousunecouchedepoussièreavecmesbouquins
    J’avais meme pas vu qu’il y avait eut une série adaptant à l’écran les combats menés par Steinem !
    Ca fait en tout cas belle lurette que celui-ci me fait de l’oeil et ton article ne fait que renforcer mon envie de découvrir ces mémoires, qui, je le sens, vont beaucoup me toucher. (Je sors les mouchmouch)

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    • Je l’ai trouvée géniale, après j’ai été un peu déçue d’apprendre que Gloria Steinem n’avait pas apprécié du tout le traitement de la rivalité féminine de la série, elle faisait quand même partie des premières concernées. Mais il n’empêche qu’elle est très intéressante.

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  2. Pingback: C’est l’premier, je balance tout #16 (aoû.20) – Alberte Bly

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