Une histoire de carotte

J’ai fort tardé à me plonger dans le nouveau Teulé car je tiens à tous les collectionner en poche dans ma bibliothèque, (#CuisineInterne #Névrosée) mais lorsqu’on m’a proposé de me le prêter en attendant, je n’ai pas pu résister, puisqu’il s’agit quand même de mon auteur français contemporain préféré, hein. Héloïse, ouille ! nous cause Moyen-Age, sexe et légumes, tout un programme en somme !

En l’an de grâce 1118, le fameux Abélard, grand théologien et véritable star auprès des étudiants parisiens, est engagé par un chanoine pour éduquer sa nièce, Héloïse. Vive d’esprit et plutôt bien faite de sa personne, la jeune fille échauffe bien vite les sens de son professeur et tous deux se lancent dans un tout autre genre d’instruction que n’avait pas prévu ce bon vieux chanoine…

Vous le savez si comme moi vous êtes fan, Monsieur T fait dans le roman historique depuis un bon moment maintenant et à chaque fois, c’est un pur régal. Cette fois-ci, c’est à une romance du douzième siècle qu’il se colle, celle d’Héloïse et Abélard, nous livrant sûrement le roman le plus sulfureux de sa composition. La première moitié du roman nous livre avec un plaisir non dissimulé les turpitudes des deux amants qui n’en ont clairement jamais assez. Cette histoire d’amour, largement faite de chair, entre une jeune scolare étourdie mais futée et l’illustre Abélard rendu bien faible par le jupon est franchement savoureuse… du moins au début. J’avoue que l’aspect strictement érotique du roman a tendance à être un peu lassant au bout d’un moment et j’ai été ravie de voir le récit prendre un nouveau souffle avec la découverte du scandale et la séparation des amants.

La deuxième partie du livre nous embarque en Bretagne (oh la Bretagne de Teulé, du douzième au dix-neuvième… On ne s’en lasse pas) où Abélard va tenter de retrouver un peu de son âme pieuse au milieu de prêtres semblables à de véritables animaux : probablement le meilleur passage de ce roman. Héloïse, elle, intègre un couvent, même s’il lui sera difficile de contenir ses instincts.

Comme d’habitude, c’est très documenté, et le style de l’auteur apporte vraiment un plus à l’histoire et à la légende. J’ai retrouvé avec plaisir ce mélange de langage ancien et moderne et cet humour irrésistible. Ceci dit, cette fois, au-delà de la bonne tranche de rigolade (spéciale dédicace à la meuf qui annonce les mauvaises nouvelles à Héloïse) l’histoire ne m’a pas prise aux tripes comme cela a pu être le cas avec Charly 9 ou Le Montespan par exemple. Il manquait un je-ne-sais-quoi pour sortir de la simple fable grivoise à mon goût.

Avec Héloïse, ouille !, Teulé s’est fait plaisir et il nous fait plaisir aussi, ne serait-ce que pour ce style si personnel qui s’affirme de livre en livre ou l’inventivité de ses personnages quand il s’agit de pimenter leurs ébats.

 

Jean Teulé, Héloïse, ouille !, Julliard.

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