« Talkin’ ’bout my generation »

Les yeux plissés et une grimace disgracieuse accrochée à ma face, j’ai tiré mon premier petit papier de la Book Jar. Et… Enorme soulagement en tombant sur Spin de Robert Charles Wilson. (Mais pourquoi est-ce qu’elle s’impose ça ?) Après la très jolie découverte des Affinités, j’avais hâte d’entamer la trilogie de fin du monde de l’auteur.

(Photo bientôt non contractuelle, je n’ai pas pu m’empêcher de craquer aujourd’hui pour la super intégrale qui brille dans le noir parue récemment chez Folio)

Tyler Dupree et les jumeaux Lawton, Jason et Diane, n’étaient encore que des gosses lorsque le Spin est arrivé. Une sorte de barrière mystérieuse a enveloppé la Terre, isolant la planète du reste de l’univers où le temps passe des millions de fois plus vite. L’idée autrefois abstraite et infiniment lointaine du Soleil s’écrasant sur la planète bleue devient rapidement tangible et c’est l’extinction de toute vie qui se profile à l’horizon. Le trio, comme toute une génération, va grandir dans l’obsession du Spin. Tyler demeure le lien ténu entre le refuge dans la foi de Diane et le besoin dévorant de Jason de connaitre l’origine de la fin du monde.

C’est confirmé, Robert Charles Wilson fait dans le grand, dans l’ambitieux et a trouvé en moi (et en un paquet d’autres âmes je pense) une grande fan. Spin nous fait vivre ce qui s’apparente au crépuscule de la vie terrestre, à travers le prisme de Tyler Dupree, médecin et ami intime d’une jeune femme qui tente de trouver la paix dans une nouvelle congrégation religieuse et de son frère, l’héritier mâle chargé de trouver une solution dans les hautes sphères à la plus grande énigme et plus grande catastrophe que le monde ait jamais connu. Au sein de l’organisation Périhélie tenue par son père, Jason va développer une obsession sans borne pour la barrière qui s’est un jour matérialisée (de façon totalement random) et les a privés des étoiles et du temps.

Je l’ai surement déjà rabâché ici, et au fond, je n’y connais pas grand chose, mais la somme de trucs délirants qui peut se passer dans l’espace m’a toujours fascinée. En gros, tout ce qui échappe TOTAL à notre compréhension. Avec Spin, j’ai été servie puisque ce roman nous plonge dans une atmosphère bien particulière, celle de l’imminence de la fin du monde, du ciel qui disjoncte, des populations qui connaissent de profondes mutations et le concept même du Spin développé ici (dont je me garderai bien de parler) est fou, mais aussi cohérent et très, très flippant. L’auteur a vraiment réussi ici à transmettre l’idée d’une planète infiniment petite au coeur d’un espace vaste, complexe, qui rend tout dérisoire. MA PASSION.

Et puis j’ai vraiment apprécié de retrouver la plume de Wilson, et son univers très personnel. Sa SF est vraiment centrée sur l’humain, sur l’individu, même si dans ce roman, cela donne parfois lieu à quelques longueurs. D’un point de vue philosophique, il est passionnant de suivre les différents parcours des personnages qui trouvent, chacun à leur façon, un moyen de contourner la terreur absolue que la mort venue d’en haut peut naturellement nous inspirer. Dans Spin, on est souvent dans l’action, dans le suspense (va t-on comprendre ce qui se passe, et pourquoi pas, éviter ZE END OF ZE WORLD ?) mais l’auteur ne se départit jamais d’une certaine lenteur, notamment grâce à son narrateur qui a tendance à flotter en permanence au-dessus du reste du monde.

Enfin, comme dans Les Affinités, Robert Charles Wilson fait la part belle aux auteurs et aux classiques de la SF. Après Spin, on a très envie de se plonger dans La Guerre des mondes, Dune ou Double étoile. C’est ce mélange de science, d’imaginaire et de rêve qui m’a totalement séduite dans son récit. Le bouquin fait quelques six cent pages, mais vous n’aurez qu’une envie, c’est de vous ruer sur la suite, surtout après cette fin… (Je tease éhontément).

 

Robert Charles Wilson, Spin (tome 1), Folio SF 

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2 réflexions sur “« Talkin’ ’bout my generation »

  1. Je ne connais pas du tout la plume de l’auteur, mais Spin est dans ma PAL! Ta chronique m’a fait très envie, d’autant que ce que tu dis « l’idée d’une planète infiniment petite au coeur d’un espace vaste, complexe, qui rend tout dérisoire » ça me fascine aussi!!

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